L’au-delà…

     L’ autre jour, lors d’une discussion surprenante avec un homme, il m’a posé la question  suivante « qu’est-ce que tu penses de la spiritualité ? ». 

Et la réaction la plus humaine que j’ai eu,  a été l’étonnement.  Étonnée je suis, chaque fois qu’un être s’intéresse à la spiritualité.  D’autant plus que cette discussion tombait à une période cruciale de ma vie : l’instant de mes grandes incertitudes.  Enfin… je parle d’incertitudes, qui n’en sont pas réellement.  Je suis certaine d’un tas de choses, des choses que l’on ne peut pas toujours expliquer et c’est bien là l’ennui.  C’est alors que l’envie d’écrire me prenait aux tripes, moi coincée, pensive et ennuyée de ne pouvoir le faire dans l’immédiat. 

Il était difficile pour moi de trancher au niveau de la spiritualité.  Je suis de ceux qui pratiquent le syncrétisme.  Oui, bon… soyez rassurés, je viens de trouver ce mot ! Le syncrétisme est un système de fusions de différents cultes ou de plusieurs doctrines religieuses, philosophiques. De cette manière, je n’ai pas à me positionner dans telle ou telle religion ; déjà, parce que je ne souhaite plus participer à la division de l’humanité, et ensuite, parce que je retrouve un peu de tout ce dont j’ai besoin dans chacune de ces croyances. Ésotérisme, hédonisme, stoïcisme, bouddhisme, métempsycosisme, catholicisme, magnétisme, orphisme… un mixte de tout ce que j’ai compris et que je souhaite appliquer à ma vie.  Le temps me l’a prouvé… Toutes ces doctrines ont des points communs et un fil conducteur : la quête de soi. La quête d’une vérité que l’on voudrait absolue, mais qui ne le sera jamais.  Ma seule religion c’est l’amour. L’amour fleurissant en moi et l’amour vivant en toute chose. Il m’arrive souvent de m’éloigner de celle-ci, démotivée par  l’immensité du mal. C’est vrai, parfois j’ai le mal du Monde. Puis, mes pas reviennent très vite vers l’amour.  L’immortalité de mon âme, le fait que mon âme transcende des générations, j’y crois fermement. Je crois en la mission de chaque être durant cette expérience terrestre. Et quand j’y repense, une multitude de questions m’envahit : 

Si je suis investie d’une mission, est-ce une mission à laquelle j’ai échoué dans une vie antérieure ?

Est-ce une mission qui me poursuit tant que je n’y suis pas allée au bout ? Ou alors, serait-ce une mission répétitive peu importe l’issue ?

Est-ce que, dans une vie postérieure, je serai investie d’une autre mission ?  Est-ce une première incarnation de mon âme ?

Suis-je réincarnée, et si je le suis, ai-je un niveau d’éveil à atteindre qui  mettra fin à la transmission de mon âme ? Est-ce fini, une fois que l’on a tout vécu et tout compris ?

Ai-je déjà vécu une régénération cosmique ?  Le monde est-il en train de se détruire, et s’il se détruit, dois-je participer à sa destruction, à sa restructuration, à sa renaissance  ? 

Qu’est-ce qui m’attend de l’autre côté, si je dis vrai ? La mort est pleine de mystères et de préjugés. Un de mes proches me parlait justement de l’après-mort, du paradis et de l’enfer.  De fil en aiguilles, nous avons dérivé sur l’image du paradis et l’expérience de mort imminente.  Je me demandais si les pensées construites dans mon subconscient pourraient naître dans une autre réalité à ma mort ; comme si je pouvais créer en ce moment même mon autre vie dans l’au-delà. Et d’ailleurs, l’au-delà me paraît un peu flou, autant que l’image de l’enfer. Est-ce que les âmes peuvent être séparés dans deux dimensions différentes ? Ce n’est pas réellement crédible si l’on parle d’une dimension pour les mauvaises âmes, et une dimension pour les bonnes âmes. Je veux dire : une personne peut être mauvaise, commettre des actes malsains durant toute son existence terrestre, sommes-nous sûrs pour autant que son âme est mauvaise à l’origine ? 

« Chaque personne, chaque être humain, expérimente quotidiennement la vie dans des myriades d’aspects. La mort se tient à l’orée de cette expérience, mais demeure malgré tout toujours présente. Concevoir une fin de la vie et de soi défie l’imagination, bien que la réalité de la mort soit certaine pour tout le monde »

tirée de la Revue réformée.

Je crois au caractère sacré de l’humain, au caractère protéiforme de son être.  A mes yeux, l’humain est capable d’être et de ne plus être ; il a cette capacité de vivre ou d’exister sans vivre. Il a le choix d’écrire le livre de sa vie. Dans l’idée qu’en tant qu’être spirituel, j’aurais fait le choix de vivre et de m’incarner sur terre, la question du destin devient embarrassante. Faire le choix de vivre emmènerait la possibilité du choix de mourir (suicide), et en ce sens, le suicide ne serait plus considéré comme une mort non naturelle.   Toutefois, dans l’idée que je n’aurais pas choisi de m’incarner sur Terre,  je refuse tout de même  la pensée du  Tout était écrit, cela limiterait trop mon champ d’action.  De la même manière, je rejette toute pensée limitante telle que le fait que mon sort soit déjà scellé. 

Les créations les plus inspirantes sont des créations improvisées. En ce sens, ma vie n’est pas définie en totalité. Sans quoi, la réincarnation serait inutile. Qui s’amuserait à me créer et me faire échouer une dizaine de fois dans ma mission de vie ? Il se pourrait qu’il y ait une ligne directrice à suivre, et qu’en s’éloignant de cette ligne, nous souffrons plus que nous le devions.  Peut-être même, que l’on oublierait notre but terrestre en naissant et que l’on s’en rappellerait après bien des souffrances et épreuves.

Selon moi,  et cela n’engage que Moi bien sûr, mon être tout entier vibre de création. Je suis créée pour créer. Nato per creare. Je crée, je construis, j’enseigne. Et mon rôle ne se limite pas à ce que je peux transmettre au Monde, puisqu’il est nécessaire que j’ impacte ma lignée.  Ainsi, mes actes prennent aussi un caractère sacré. Mes actes sont importants et sont déclencheurs de situations à venir. Les mots que j’utilise deviennent essentiels à l’existence elle-même, et encore plus au Monde.  Ce que je fais servira à des générations futures, et ce que je ne fais pas, également. C’est  à ce moment que la loi du Karma rentre en jeu. L’ idée du bien rendu et du mal rendu. L ‘idée que les vibrations émises par moi-même dans un environnement, puissent être émises à l’Univers entier : colère, rancœur, amour, tolérance. 

Suis-je en train d’épurer ma dette karmique ? 

Qu’ai-je fait antérieurement, qui aurait une conséquence directe sur la situation actuelle que je vis ?

Qu’ai-je manqué de faire ? Quel impact que mon manque d’action a eu sur l’Univers ?

Comment ai-je pensé ? Quelle situation que ma pensée a pu engendrer ? 

Et là, je comprends que la Nature vit. La Nature vit et s’exprime, étant composée comme l’humain, étant aussi complexe que nous le sommes. Elle répond au manque d’amour, à la pollution, à l’oubli d’une façon plus brute : catastrophes naturelles, changements climatiques. Elle envoie des messages d’amour que personne n’écoute. Observez les plantes, leurs structures, leurs lignes… semblables aux lignes d’une main. Ces plantes qui s’épanouissent dans des lieux d’amour et qui meurent lorsqu’elles sont négligées.  Cela ne m’étonnerait pas que la Nature ait une conscience, comme nous. La lune elle-même influe sur nos émotions et nos sens. Cela m’inspire le transfert d’énergie d’un corps à un autre ! 

Et toujours, selon moi,  les arbres sont les premiers liens que nous avons avec le monde spirituel.  Aussi loin que je m’en souvienne, leurs racines m’ont toujours intrigué. Pourquoi les arbres devaient-ils être ancrés au sol ? Peut-être parce que nous ne devions pas les déplacer ? 

Cette croyance a été confirmée par l’une de mes recherches récentes sur l’esclavage.  Plus précisément, l’histoire des esclaves ibos (igbos), qui ont été l’un des peuples esclaves les plus spirituels. Ce peuple a connu une vague de suicides importante, parce qu’il croyait en la transmission de l’âme d’un corps à un autre. En se donnant la mort, les Ibos pensaient retrouver leur terre mère : l’Afrique,  peu importe sous quelle forme. Souvent, le moyen utilisé pour le suicide était la pendaison dans un arbre.  Ce qui me permet d’établir un lien direct entre l’arbre naturel et l’arbre de Vie du point de vue spirituel!  L ‘arbre ancré à sa Terre, relié au ciel par ses branches favorisant le transfert d’énergie de la source mère (créateur) à la source enfant (moi).

Tout ce qui est naturel et qui vit autour de l’homme progresse : la Lune en super Lune, la racine en Arbre, le noyau  en comète. Un sentiment intuitif me pousse à favoriser la progression de mon être. Ne faudrait-il pas que l’humanité entière progresse pour que je puisse progresser ?  Puisque dans les faits, la comète aurait elle-même besoin des effets de gravitation des étoiles proches. Voilà, si je puis dire, une autre corrélation entre l’humain et la Nature.

Si je dois contribuer à la progression de l’humanité, ma quête de soi passe-t-elle par la quête du soi d’autrui?  

Et si l’intelligence suprême à l’origine de mon existence, me croit capable d’aider d’autres personnes au même niveau qu’elle, que dois-je en tirer ? Est-ce que cela voudrait dire que ce créateur et moi ne formons qu’une seule et même personne ? 

Mais si Dieu vit en moi, quelle limite que j’ai ? 

Peu à peu, la numérologie s’est accrochée à ma vérité. Les nombres guident ma vie professionnelle. Je leur accorde une attention particulière, une attention qui me le rend bien en fait. D’où le fait que je crois en Une seule intelligence suprême, un seul et même créateur. Pourquoi le chiffre 1 ? C’est le chiffre de l’Unité, symbole du commencement, de la création, de l’individualité. Il serait plus logique que l’on soit issu d’une même source d’énergie, ce qui confirmerait le lien entre tout, toute personne et toute chose. Je suis Un, tu es Un, personne ne nous complète. Nous sommes totalement entiers ! 

C’est ce qui me dérange principalement dans l’Amour relationnel : l’image de la complémentarité. La plupart des personnes que je rencontre, ont l’impression d’être incomplets et de devoir se fusionner avec une autre personne.  Ce n’est pas mon cas. Je me sens en phase avec ce que je dois être, et tout est complet en Moi. De déceptions en déceptions amoureuses, j’ai compris que mon attente était différente de l’attente de mes partenaires. Et finalement, la vie ne me conduit qu’à des êtres qui ne partagent pas ma spiritualité. J’en suis déçue… C’est un goût amer.  Est-ce la loi d’attraction qui n’amène à moi que des personnes que je fuis ? Ou, au contraire, est-ce mon rôle de devoir élever ces êtres spirituellement ? 

Et…Nous revoilà, au départ : ma mission de vie. Je prends pleinement conscience de la puissance de mon être. Je vis pleinement toute souffrance reliée à mon âme, et je réceptionne toute joie émise par l’Univers. J’aime intensément, dans le respect de mon environnement et dans le respect des libertés de chaque être qui m’entoure. Je suis consciente de vibrations que j’offre au Monde,  j’apprends à vibrer positivement pour moi et pour les autres humains de la lignée. Le plus important, c’est que j’accepte que Ma vérité n’est pas absolue. 

 Si je meurs, je veux que mes écrits aient servi à réveiller, à bousculer, à détruire, construire, initier. 

«Nous avons tous nos propres peurs, croyances et opinions. Ces hypothèses internes gouvernent nos vies. Une suggestion n’a aucun pouvoir en soi. Sa puissance provient du fait que vous l’acceptez mentalement. » 

Joseph Murphy

Tessa Naime

Tessa Naime

Auteure, romancière

3 réflexions au sujet de « L’au-delà… »

  1. Très bel écrit. Surtout le fait de définir la spiritualité comme une science cosmique basée sur l’univers et non sur l’homme et ses croyances.

    La question que je me pose en revanche, c’est en rapport à l’aide d’autrui. Peut-être une pensée égoïste de ma part, égoïsme que je travaille au fût et à mesure du temps, tant bien que mal.
    Mais chaque être humain à sa courbe ainsi que sa boucle de vie.

    « Je suis Un qui devient Deux, je suis Deux qui devient Quatre, je suis Quatre qui devient Huit, je suis Un après cela ».

    Mots aux multiples sens qui peuvent également rejoindre l’idée de la réincarnation, de l’éternel nouveau, là où je te rejoins sur l’oubli à notre arrivée sur Terre ainsi que le passage des obstacles comme ascension.

    Pour ma part, aider autrui où encore inculquer des choses au monde ne relève pas de moi.
    Je m’explique.
    La sensibilité des personnes qui m’entourent, qui m’écoutent, qui m’entendent ou qui me lisent déterminera mon apport « d’aide » à leur propre vie.
    Je doute que nul soit créé pour aider directement.
    Le catholicisme fait référence au Christ ayant donné sa vie pour nous.
    Cela devient paradoxal si selon moi, notre vie était destinée à celle des autres (grossièrement dit, n’oubliez pas que je suis un égoïste).
    Paradoxal car il est dit aussi, si nous restons dans le catholicisme, d’aimer autrui comme soi-même.
    Alors ne serait-ce pas l’Amour que je me porte en premier qui permettra aux autres de s’aimer à leur tour. N’est-ce pas là, un début de vérité absolue qu’emprunte cette façon d’être avec soi-même !?

    Je m’aime alors je m’accomplis et c’est là ! Que ma contribution envers autrui commence. C’est ici que l’aide commence. Car ceux qui sont sincères envers eux-mêmes chercheront l’aide en eux-mêmes, contrairement à ceux qui quémanderont l’énergie afin de dénouer leur propre ligne.

    Les deux idées se rejoignent en terme de sacrifice. Se faire violence.
    Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem.

    En d’autres termes profanes, nos outils de vies ne peuvent intervenir pour rectifier celle des autres.

    Ce qui vient corréler à tes mots en ce qui concerne l’idée de complémentarité !

    L’alchimie fait référence à la transmutation de métaux vils en métaux nobles.
    Tendre vers la perfection individuelle, si bien jamais atteinte, et en inspirée autrui.
    Nul ne parle de complémentarité ou de dépendance entre 2 ou plusieurs métaux afin d’en créer 1.

    Nul ne dépend de mon être excepté moi-même.

    Alors oui, tout cela pour en effet se demander si l’aide directe ou volontaire voire intrusive, contribue t-elle réellement à un accomplissement.

    Merci pour tes mots qui a chacune de leurs courbes est créée une once de lumière.

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