Échec et… SEXE !

 

Les nuits sont les reflets des âmes. Et bien qu’on leur reproche leur éphémérité, les nuits se dessinent, prenant la forme de corps gracieux, de fantasmes inassouvis, de romantisme et de solitude. Et ce soir, je suis seul dans mon lit, la tête à la place des pieds. Les draps recouvrant légèrement ma tête, homme muet, je me confonds avec eux. L’obscurité a pris place depuis quelques jours dans cet appartement. Je ne tire plus les rideaux, n’ouvre plus les fenêtres, n’allume plus les lumières. N’ayant pas envie de me confronter au monde extérieur, je me contente d’être couché, de rêvasser, d’écouter le silence.

Ce soir, un frisson m’extirpe de mes pensées obscures. Je ressens une présence de plus, comme si une âme avait pu pénétrer les murs de ma chambre. L’impression d’être observé, scruté, dessiné à mon tour sur une toile. Une sensation intrigante, une gêne.     Et c’est, précisément, à cet instant que je l’aperçois, debout dans l’encadrement de la porte. Mes yeux sont attirés d’abord par ses seins rondelets. En fait, c’est étrangement la seule forme qu’il m’est possible de distinguer. Convaincu, je plisse les yeux… Allez, encore un peu. Qui est-ce ?

Une lumière naissante me permet de remarquer d’autres formes, ses pieds, ses mollets, ses genoux… jusqu’à l’apparition de ses cuisses fermes. Me privant du dessin de son entrejambe, la Femme se retourne et s’en va dans une autre pièce. Pressé, je me faufile hors du lit, nu, les veines de mon pénis encore apparentes… Marchant à pas timides vers la pièce principale, je ne la vois plus.  Sur la table en verre du salon, une enveloppe beige, orné d’un ruban rouge trône. Je remarque tout de suite quelque chose d’inhabituel. A l’intérieur de cette enveloppe parfumée, un mot est écrit « Rejoins-moi. » suivi d’une adresse inconnue et d’un scénario érotique. Mon pouls s’accélère, je fouille une dernière fois chaque recoin de l’appartement. Je finis par vérifier que chaque porte est fermée. Il n’est pas rare d’entendre parler d’intrusions, ici. Pourtant, la curiosité me réveille, me gifle même.

Une heure après, je m’assois sur le siège froid de l’arrière d’un taxi. Enveloppe et adresse en main, portefeuille dans la poche d’un jean. Une veste repassée, une chemise boutonnée. Un parfum comme elles aiment. Barbes, contours soignés et bien d’autres détails qu’il n’est pas important de préciser. J’avais passé trois quarts d’heures à me préparer, à imaginer plusieurs récits, à peindre un vagin dans ma tête. Une simple silhouette avait réussi à m’éjecter de mon cocon et me rendre impatient. Nous allons au 455 Rue peel, Montreal QC.

Une dizaine de minutes sur la route, quelques édifices antiques, quelques places modernes…. Et j’arrive enfin à destination. Les trois chiffres présents sur le bâtiment ne sont pas rassurants. J’ai cette idée qu’il s’agit d’un endroit luxueux, peu commun, privé. Un endroit réunissant interdits et crimes sexuels. Toujours curieux, je m’introduis à l’intérieur de ce lieu secret. Et puis, mon âme se retrouve plongée dans une béatitude irréelle. Des rires, des rires frénétiques, des visages masqués, des femmes en tenue d’Eve, des femmes nues, couchées par ici, par là. Des fesses rebondies. Fesses larges, molles, dures… pour tous les goûts. Des jambes huileuses, des jambes travaillées au pinceau. Des seins ronds, fermes, bruns ou caucasiens. Une main s’agrippe à mon bras, délicatement. Rejoins-moi. Je l’entends, elle me murmure cette phrase à l’oreille gauche. A cinq centimètres de mon engin, elle est là et se caresse ostensiblement, vêtue d’une lingerie de dentelle.

Putain. Cette femme marche trop vite, se hissant entre corps nus et corps vêtus. Je la suis, la respiration haletante, effrayé à l’idée de la perdre dans cette foule. Nous terminons notre course folle dans une grande salle, aux grandes fenêtres. Ne me laissant pas le temps d’observer ses lèvres génitales, encore une fois, elle accélère le pas. Je deviens fou ! Attends !  Ma muse s’est installée sur une chaise, retirant son masque de minuit. Les coudes posés sur une table, au même niveau qu’un jeu d’échecs. Les cheveux attachés, tirés, disciplinés. Un nez ni trop long, ni trop plat. Un teint basané. Magnifique.

–  Gagne cette partie et je suis à toi, dit-elle

C’est donc ce qu’elle attend ? Que l’on s’adonne à des jeux érotiques ? Fasciné par ses mamelons érigés, je m’installe à mon tour bien conscient de ne pas être à la hauteur. Mais elle m’excite, et si je veux la baiser, je dois jouer. Je ressens déjà l’étirement de mon sexe. Il faudra peut-être que je sois plus rusé, plus habile. La proximité de nos chaises m’autorise juste à frôler sa cuisse, ce n’est pas assez pour atteindre son vagin. Ses doigts déplacent un pion. Hop ! Un fou. Je l’imite, incertain de mon jeu, le regard toujours fixé sur sa poitrine, ses épaules, son cou… Peu à peu, les pions se dispersent. Chaque fois qu’un pion se couche, son corps se redresse comme si le fait de perdre l’excite davantage. Comme si son clitoris devient vulnérable, et qu’une simple tactique le stimule brutalement. Les tours sont efficaces.  Si je capture sa dame blanche, son roi sera obligé de bouger.  Je parviens à frotter mon genou entre ses cuisses pour l’exciter. Il lui reste deux chevaliers, et une Dame.

Finalement, je ne maîtrise plus rien. Sa Dame se déplace fièrement en diagonale, en longueur, en largeur. Mon Roi, lui, s’avance prudemment d’une case à l’autre. Ce jeu incite ma muse à cambrer les reins. Ses yeux se ferment, le plaisir galopant sur son ventre. Quelques gouttes de cyprine coulent sur sa chaise, ce qui motive ma soif. Il y a bien longtemps que je n’avais pas ressenti l’envie d’aspirer une vulve. Je me décide à détacher mon pantalon, le désir aussi brûlant que ma ceinture. Fidèle au scénario, ma partenaire se glisse sous la table, de sa grâce féline. C’est cette envie de sucer mon gland qui la met à genoux, soumise, esclave sexuelle. Désormais, sa bouche me rend gourmand. Tandis que ses lèvres visibles salivent, ses lèvres génitales se regorgent et s’écartent.

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Imaginez-moi, l’attrapant par la taille, l’amenant sur le support, bousculant rois et échiquiers au passage. Empoignant sa nuque d’une main, déchirant sa lingerie fine de l’autre main. Parcourant ses formes avec ma langue humide. Maintenant, j’avance son bassin, trop désireux de m’introduire, de tester l’élasticité de son vagin.  Ses mouvements convulsifs, elle, fontaine. Moi, tanguant sur ses courbes. Elle en redemande. Elle mendie la pénétration, le va-et-vient, le coulissement. L’intrusion dans ses parties intimes. L’éruption cyprinique. C’est ainsi que je tapote son clitoris avec le bout de mon organe et que je la pénètre à nouveau. Puis, je lis l’orgasme sur les plis de son front. Sa bouche s’ouvre…

Ma muse s’apprête à gémir, suffoque, soupire. Contractée. Elle se lâche, agitée, secouée. Tout ce qui compose son anatomie, se congestionne.  Des longs baisers. Des baisers sur sa peau laiteuse. Ensuite, je l’aide à pivoter pour contempler son cul, embrasser ses défauts, et lécher sa nuque. Retarder le plaisir.  La queue, encore fourrée dans sa grotte. Ça vient. Putain. Je lui donne une claque. Deux. Trois. Je m’emporte, j’accélère le mouvement, agrippant mes doigts à ses cheveux. Vite… Vite. Vite. Une palette de sensations.  Arrrghhh. Silence.

Jouir. Relâcher. Vider. Echec… et SEXE ! Première partie, finie.

 

Tessa Naime

Toute reproduction de l’oeuvre est interdite par l’auteur

4 commentaires sur “Échec et… SEXE !

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