Sexbar

 

Les bars, les bars…. Paradoxalement, les bars réunissent des milliers d’étrangers et me semblent toujours aussi familiers. Peut-être, parce que je me sens plus proche des gens qui s’y retrouvent, qui échangent, qui discutent jusqu’à ce que l’aube nous rappelle que la vie continue. Hier soir, pourtant, je n’avais pas le coeur à discuter. Alors j’étais assise à contempler mon verre de vodka redbull – en fait, je déteste la vodka mais le barman n’avait rien de plus doux à me proposer – et je pensais, je pensais, je pensais… Inlassablement. J’étais donc, loin d’imaginer qu’une heure plus tard, on se retrouverait lui et moi dans une chambre au huitième étage de l’Avenue Sherbrooke Ouest.

Mais Montréal c’est la ville des surprises, et surtout la ville des rencontres inattendues- un peu bête de le préciser, il n’existe pas de rencontres prévues – pour ceux qui l’ignorent. Et il s’est assis, juste à côté de moi. Une jambe droite a frôlé ma jambe gauche doucement, mais je n’ai pas relevé la tête. Pas un mouvement, pas un signe. Est-ce que cela compte vraiment ? Et il a entamé la discussion.

–  Bonsoir, je ne donne pas mon numéro,  a t-il dit.

C’est seulement à cet instant que j’ai remarqué sa présence.

–   Pardon ?

Il a répété d’une façon désintéressée :

–  Je ne donne pas mon numéro au cas où si vous le vouliez. Je rigole, je sais que vous ne voulez pas discuter et que vous ne souhaitez pas rester en contact. J’avais juste envie de voir vos yeux… Et maintenant que je peux les regarder, je dois vous dire qu’ils n’ont rien d’exceptionnels. Ils sont vides, tristes. Mais ce que votre regard dégage m’intrigue. Voulez-vous du sexe ?

Il avait une voix grave, très grave. Je pense d’ailleurs que je suis plus sensible à ce type de voix. C’est important de le préciser, parce que je n’ai pas de types d’hommes à proprement parler, plutôt un type de voix. C’était sûrement un homme de trente ans. Les cheveux lisses, la bouche rose et pulpeuse, de peau claire, vraiment différent de ceux que je fréquente généralement. En fait, j’ai rigolé. Je n’avais pas spécialement envie de poursuivre cette discussion, pourtant nous avons poursuivi.

Après quelques mots de courtoisie, un bref résumé de nos vies, nos passions et des points communs – pas très communs – nous sommes sortis du bar.  » J’ai envie de toi  » a t’il dit d’un ton ferme. Désir. Parce que je mourais d’envie de lui faire l’amour, parce que nous mourions d’envie. Et quand je dis  » faire l’amour », je parle bien d’un contact passionné et amoureux. Et c’est ce que nous avons fait.

Nous avons commencé nos vices dans le taxi de la rue Peel à la rue Sherbrooke Ouest, ma main s’agrippait au siège tandis que ses doigts s’immisçaient lentement dans ma chatte. Je mouillais déjà, je n’étais presque pas à l’aise par cette peur de manquer de temps, de ne plus avoir envie ensuite. Excitation. Mes tissus érectiles se dilataient. Comme pour marquer ce moment, j’ai retiré mon string pour le glisser dans sa poche. Puis, nous avons continué notre aventure dans les escaliers du bâtiment, trop excités à l’idée d’être surpris en flagrant délit d’impudeur. La peur et l’excitation sont des femmes rivales qui ne sont jamais loin l’une de l’autre. Et plus je craignais que l’on nous surprenne et plus je mouillais. Ce n’était encore que le début. Il continua de balader sa main, d’élargir mon vagin, de susciter une envie indescriptible. Je le regardais faire et je le regardais s’exciter par mon regard, mes yeux vides et tristes ! Il a détaché mon soutien avec une habilité que je n’aurais jamais soupçonné, m’a plaqué contre le mur. Et il s’est mis à inspecter mes lèvres, mon cou, mes seins, mon ventre, mes oreilles. Je crois qu’il voulait m’indiquer ce qu’il allait finir par lécher. Lécher, parfaire avec sa langue comme s’il cherchait à perfectionner chaque recoin de mon corps. Puis, il s’est accroupi. Non ! Non ! Pas ici ! En vérité, aucun de nous deux ne voulait attendre. Donc il n’a pas attendu, il n’en a jamais eu l’intention. J’ai senti deux mains froides relever ma robe noire, et une langue chaude chatouiller mon clitoris, jouer, coulisser, épouser mon orifice. Sa langue batifolait comme une vierge folle. Et moi, je… Je… La vulve humide, je tapais du crâne sur le mur ! Le gland de mon clitoris se redressait. Pourquoi ne me laissait -il pas le toucher ?

Tout s’est fini dans la chambre, les mamelons durcis, les organes gonflés, et mes chevilles près de mon cou. Et quand il s’est introduit entièrement, se donnant corps et âmes à mon être, mon vagin se contracta. Ce que je ressentais était surprenant. Je voulais qu’il continue, qu’il arrête, qu’il continue. Après quelques minutes, il ralentissait le jeu. C’est à ce moment que mon coeur s’est accéléré, se lançant dans une course folle avec mon rythme respiratoire ! Le pénis éjecté, puis introduit à nouveau lentement. Suspension. Tension. Contraction. J’ai lâché un cri – non un cri habituel, mais plutôt quelque chose de nouveau et sexy. Premier orgasme.

Comment avais-je pu atteindre l’orgasme en moins de vingt minutes cette fois – ci ? C’était l’orgasme le plus séismique, celui qui fait trembler au point de ne plus vouloir aucun contact. Rien ne le stoppait, ni mes mouvements de reculs, mes tentatives de retrait, mes gémissements. Ni les battements sourds de mon coeur. Ni la forme de ma bouche. Rien ne l’arrêtait. Il m’épousait. Il se tordait, se tortillait, s’enroulait tandis que je convulsais de plaisir, plongeant la tête entre mes seins. Second orgasme. Couchée sur le ventre, je n’arrivais plus à respirer correctement, à me concentrer, à percevoir d’autres sons. Il n’y avait que le son du frottement de nos sexes lubrifiés qui comptait. Cet homme avait pris la place de ma robe épousant mes formes, s’attachant avec ardeur et folie. Je nageais. Il n’y a jamais rien eu de plus doux que nos corps enlacés, que sa main entre mes cuisses, que sa queue fiévreuse au bas de mon ventre. Les tempes brûlantes, le front ardent, la chaleur d’un vagin stimulé. Nous étions en train de consommer quelque chose de fort, de tabou. De mal. Et des baisers, des caresses, des mots crus. Sans fatigue, sans tourmente.

–  Je savais que tu voulais du sexe, a t’il murmuré, en éjaculant.

Il fallait que je l’excite à nouveau. Non, ce n’était pas fini, nous avions toute la nuit. J’ai embrassé chaque détail, chaque partie de son torse. J’ai suivi les gouttes, les marques d’une satisfaction avec ma petite bouche jusqu’à me rapprocher de son organe sexuel…

…prête à consommer son jus.

Tessa Naime.

Toute reproduction de l’oeuvre est interdite par l’auteur.

 

2 commentaires sur “Sexbar

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