Pensées

« Parfois, nous arrivons à un stade de notre vie où tout ce que l’on a connu s’efface ou se transforme. Tout ce que l’on voulait, autrefois, devient peut-être ce que l’on ne veut plus. Nous changeons de goûts, d’intérêts, d’amis. Nous nous éloignons de certains objectifs et nous nous rapprochons d’autres buts. Nous pouvons faire beaucoup mieux.  Le problème c’est que nous nous étions si confortablement installés dans une zone de relation-dépendance que nous avons du mal à passer le cap.

Voilà, mon avis : En fait, tout ce que nous perdons est aussi normal que tout ce que nous gagnons. Nous ne devrions pas souffrir d’un échec, d’une perte, d’une erreur. Nous ne devrions pas souffrir tout court. Nous ne devrions même pas avoir du mal à surmonter une rupture, une séparation. Le deal parfait entre l’Univers et nous, humains, serait de passer de la phase de connaissance à cette phase d’acceptation directement. Puisque la souffrance, nous l’avons bu à petite cuillère, comme l’amour, la déception et j’en passe.

 « Je ne te manque pas ? » Cette question revient éternellement. Les humains se répètent inlassablement. Si il y a un point que j’ai bien assimilé durant ces quelques années de lucidité, c’est que toutes les fois où un individu ou une situation m’a « manqué », c’était sans doute Moi qui créais ce manque. Et je parle ici d’un manque lié à une absence, un silence, une séparation, d’ordre sentimental ou matériel.

La relation de l’homme à tout ce qui fait partie de notre espace terrien est souvent fausse. Le processus est simple : nous rencontrons des êtres, et nous prétendons aimer d’un amour infini. Puis, nous nous accrochons, nous créons une sorte de dépendance vis-à-vis de ces êtres, mais aussi de tous ces objets que nous consommons, que nous achetons, que nous produisons.

C’est principalement là, que je réalise :  l’humain est un génie fou, parce qu’il arrive à se persuader lui-même que ce lien de dépendance existe réellement. Et il s’empresse, déterminé et heureux, d’agencer sa vie en fonction de ce qu’il croit fortement, et non de ce qu’il en est réellement. Ce qui nous paraît «  inaliénable », n’est qu’un des multiples caprices de notre cerveau. Le cerveau même, que NOUS avons habitué à recevoir et à donner. C’est impressionnant la façon dont nous abordons nos problèmes sentimentaux,  nos soucis financiers, cette facilité à se laisser aller au drame et à l’exagération.

L’homme a donc inventé des technologies dont il ne pourra plus se passer mais qu’il n’a pas toujours connu. Avant de posséder certains biens, comment vivions-nous sans ? Nous vivions bien. Je réalise, et ça me fait rire de m’en rendre compte : avant que mes parents m’offrent mon premier téléphone, je vivais bien sans. Je n’avais jamais ressenti le besoin d’en avoir un. Maintenant, je ne m’en passe plus. – Non, je vous rassure, vous n’êtes pas seul. –  Bref, c’est quasiment pareil pour les relations humaines.

Avant de connaître tel ou tel individu, comment vivions-nous ? Bien. Et maintenant que nous le connaissons… ?

Mais l’homme n’a pas inventé que ça, il a aussi mis un nom sur des émotions, il a inventé des sentiments. Et maintenant, pris dans le tourbillon infernal de l’attachement, nous passons d’une hypocrisie à une autre. Il fallait bien que l’on s’accroche à quelque chose que l’on peut expliquer à notre avantage.

Posons le cas : si nous venions au monde sans connaître nos parents biologiques, et que la société ne nous imposait pas, ce que j’appelle, le principe de « reconnaissance sentimentale », et qu’en plus nous devions grandir sans eux, nous n’aurions jamais cherché à les connaître. Un enfant doit aimer ses parents, c’est une règle établie. Nous n’avons pas fait le choix d’aimer. On nous a appris très tôt à les aimer. On a aimé nos parents, parce qu’ils nous donnaient ce qu’il fallait pour grandir. On les a aimé parce qu’ils nous ont nourri. Je suis un enfant, qui a besoin de ses parents.

On nous a appris à aimer ce que nous consommons, on nous a appris à ne plus se passer de ce que nous avons. On nous apprend encore à vivre. Personne n’est libre. Qui peut prétendre faire des choix ? Puisqu’au final, nous sommes tous orientés. Les décisions que nous ne prenons pas, ont également des conséquences sur nos vies, tout comme celles que nous prenons. Et ces décisions, justement, sont influencées.

Je vois l’être humain comme une machine complexe, fraîchement sortie de l’Usine, sur laquelle on étiquette les mots « envie, besoin, nécessité ». Et ces gens-là, que l’on qualifie de « marginaux, rebelles, anticonformistes » seraient en fait des erreurs de productions, les « ratés » d’une longue série. Ceux, qui peut-être, devraient nous apprendre ce que c’est la Vie. Les sociopathes ne seraient-ils pas sain d’esprits ? Avons-nous réellement besoin de ressentir ?

Nous pensons que les valeurs se perdent, que la nouvelle génération se distingue de la nôtre. Parce que nous avons du mal à comprendre que les machines évoluent, qu’il y a de l’innovation. La création est forcément progressive. Si vous aviez créé un objet, qui marche, qui boit, capable de respirer… Vous n’auriez pas voulu qu’il fasse plus ? Vous chercheriez donc à l’affiner, le changer, l’améliorer… mais pas trop, histoire qu’il ne devienne pas plus intelligent que vous.

Alors, bien sûr, ils diront que les regrets poussent à agir mieux, que la culpabilité est essentielle à la cohésion. Qu’en est-il de la haine ? Quand la haine a-t-elle permis l’évolution ? Et comment avons-nous appris à haïr ? Dans quel but, avons-nous fait le choix de s’orienter vers la négativité si c’est nous qui l’avons fait ?

Non, ce n’est pas de notre faute. La société nous glisse dans un moule de forme rectangulaire, telle une pâte de tarte bien travaillée. Attention, ne vous posez pas trop de questions, vous pourriez basculer de l’asile à la censure. Jeune, j’ai noté plus d’interdictions que d’autorisations. « Il ne fallait pas »,  « on ne devait pas ». Et pourquoi ne pas nous autoriser plus de choses ? Pourquoi ne pas nous confronter à l’éphémérité ? Pourquoi ne pas s’habituer avec le changement ? Pourquoi le « changement » est-il un changement déjà ? Ne serait-ce pas le court normal de l’existence ?Est-ce que ce ne serait pas plus simple de s’attendre à la fin, à la disparition, à la séparation, à la négation ? Pourquoi vivre la perte comme une fin et non un début ?

Faisons la route, libre. Marchons, libre. Que chacun puisse trouver sa source d’inspiration. Que chacun fasse son petit bout de chemin. Et que nos chemins se croisent mais qu’ils ne s’arrêtent jamais. Que nous soyons sans attaches, sans certitudes et sans illusions. Que nous soyons prêts à accepter ce que l’Univers nous propose, et que nous puissions en disposer de la manière que nous voulons.

Que la vie nous donne, qu’elle reprenne, qu’elle ne reprenne pas. Que nous soyons assoiffés de vérité. Que nous nous détachions de ce conditionnement. Que nous soyons meilleurs, pas parce que les institutions nous le demandent, pas parce que nous voulons le prouver aux autres. Meilleurs pour nous-mêmes.  Que nous soyons fidèles à nos propres principes.  »

 

Extrait d’un projet en cours. Toute reproduction est interdite par l’auteur.

Tessa Naime.

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