Aux aurores…

Laissez-moi rire. Laissez-moi rire, aux aurores, d’une façon maladroite. D’une maladresse démesurée. Je veux m’esclaffer, m’entendre crier de bonheur. Je veux crier de joie. Chanter, danser, me tordre au rythme des fouets sur mon dos. Entre songes et ivresses, juste le temps d’un automne.

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Et puis…

Laissez-moi pleurer ces matins où je ne supporte plus le poids du fardeau. Ces nuits où je n’ai plus que… Moi. Parce que je suis seule.

Mais, laissez-moi seule, apprécier cette solitude qui m’accable. Lumières éteintes, pinceau à la main.  Parce que je suis ici et ailleurs, ici sans être là. Je vous vois, je vous entends. Est-ce que vous me voyez ? Est-ce que vous écoutez mon silence ? Ah ! ce silence…

 Laissez-moi, calme et silencieuse.

Femme, mais surtout enfant. Femme-enfant, trahie, la tête contre les murs. Je crois que je ne souffre pas de la même façon, que je n’aime pas comme vous. Allez-vous-en. Je viens de retrouver goût à la passion, passant de l’ennui à l’amour. D’un sentiment à l’autre. C’est tellement… Vrai. Est-ce bien réel ? Suis-je bien en vie ? Est-ce que la réalité m’a fui ? Est-ce que je ressens comme vous ? Des fois, pas trop. Des fois, j’ai l’impression de ne pas être celle que vous connaissez, celle que vous dîtes que je suis.

De nager à contre-courant. De parcourir un désert d’incertitudes. D’explorer la vie comme aucune autre personne. De continuer la route, soldat fou, un jour de pluie. Et rire sans raisons.

 Je m’en fous. Laissez-moi m’en foutre, le visage caché par quelques boucles noires. Succomber au désintérêt. Céder à l’indifférence. Me détacher de l’humanité. Il n’y a plus rien à dire. Dès l’aube, tombera mon masque. Je me soucierai encore du coucher du soleil. Laissez-moi,  juste le temps de peindre mes démons.

Ne touchez pas mon âme, ne me changez pas. Ne perdez pas des heures à me comprendre. Je n’ai pas envie que vous me compreniez. A l’interdit. A l’innocence. A l’abandon. Trinquons à l’abandon des mœurs, et des principes. Moi, femme guérie. Éternelle rêveuse. Laissez-moi rêver, jusqu’à oublier l’éphémérité, la longévité, et toutes ces choses qui n’ont jamais existé.

 Laissez-moi vivre. Partir dès la première heure. Me rendre là où personne ne va, savourer ce que nul autre ne saura savourer.

M’évader d’une mer à l’autre. Me perdre.

Me retrouver,

Et me perdre à nouveau

Libre.

 

 

Toute reproduction de l’œuvre est interdite sans l’autorisation de  l’auteur. Je dédie ce texte à ma muse. Il paraît que les écrivains ont des muses, ces femmes qui leur inspirent tout.

 Tessa Naime.

2 Comments

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  1. Wow this is so wonderful and powerful. It reflects so much of me.
    Feels good to know we are a lot out here.

    C’est beau de le savoir.

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