30 minutes

« Trente minutes. Il renversa son corps sur le plancher de la case. La jeune femme sentit le désir brûler entre ses cuisses. Charmée, elle releva ses jambes, les positionnant délicatement autour du cou de son partenaire. Sans prendre le temps d’enlever sa robe de soie. Vingt-neuf. Il introduisit sa langue froide ouvrant les lèvres de l’interdit, le bruit sourd de l’envie sexuelle. Les grands doigts de la négresse se posèrent sur l’arrière de son crâne, consciente que ce geste l’inciterait davantage. Vingt-huit. La respiration haletante, la stimulation, la vulve humide. Il avait cette manière de répondre aux attentes du corps féminin, cette préciosité, la langue aventurière et la main qui naviguait toujours sur le sein gauche. Vingt-sept. De l’autre main, il attrapa la sienne afin que leurs fluides puissent se confondre. Le gémissement pur, le cri enfantin, le soupir du clitoris. Son vagin se contracta, elle resserra ses cuisses tordant ses doigts qui voulaient s’échapper. Vingt-six. Le bassin relevé, comme pour l’alerte de l’orgasme imminent, elle gémit de douleur. Douleur alléchante.  Vingt-cinq. L’homme, lui, s’excitait. Le sexe durcit d’un coup, le gland gonflé et foncé par l’afflux du sang. Ses graines explosaient de plaisir. Il n’y aura jamais rien de plus beau que cet orgasme. Sa bouche dévorait chaque goutte, ivre et assoiffé. Il la regardait tordre son dos, casser son cou, la poitrine lourde. Vingt-quatre. Hélène recula. Elle voulait qu’il arrête de lécher, qu’il la pénètre. S’allonger sur lui, se retourner, sursauter. L’excitation était trop forte, trop vive. Le nègre entreprit de tremper un doigt dans la fontaine de jouvence, puis de l’enfoncer comme pour se préparer à introduire sa longue queue. Et il le fit. Vingt-trois. Il se glissa lentement, avec adresse et sensualité, ondulant comme une liane-mibi ; ouvrant un passage confortable. Du fond de sa gorge, un murmure semblait naître. On aurait pu entendre le frottement des lèvres quand le pénis se retirait maladroitement pour s’introduire à nouveau. Alors il s’égarait, entre rêves et océans, bercés par l’odeur du vice et des sentiments corrompus. Douceur caribéenne. Jouissance tropicale. « Aime-moi ». Elle répétait « Aime-moi » sans vraiment articuler. A peine audible. Cela devenait difficile… de parler, d’exprimer l’appétit. Parce que l’amour c’était bien plus que ça. C’était bien plus que le goût de la queue mouillée. »

Tessa Naime

Extrait du projet Fanm Kreyol. Toute reproduction interdite sans l’autorisation de l’auteur.

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