Sans titre

seagulls-984529_960_720

 

Je me demande ce que tu penses de moi, ce que tu penses de ce que je vis…et  des choix que j’ai fait depuis que tu es parti. Je me demande des fois si ça vaut la peine. Si je dois vivre sans toi.  Si je dois me battre, continuer, construire un avenir.  Est-ce que tu penses à moi ?  Est-ce que tu vois ma peine ?  Et qu’est-ce que tu dirais si tu savais tout ce que je ne te montre pas ? Et si tu avais honte de ce que je deviens ?

Je me demande souvent qu’est-ce que je pourrais changer. Alors je revois mes décisions, je tourne autour du pot, je fais d’une autre façon. Je fais en fonction de toi, selon ce que tu dirais, selon ce que tu avais prévu. Lire la suite de « Sans titre »

La Pomme

woman-1042428_1920

« Et maintenant, me voilà. Je suis ici, prétendant être libre. Prétendant jouir d’une liberté ayant pour limite celle d’autrui. Je suis ici, et ailleurs. Le doute, l’incertitude. Parce que je sais que je suis encore enchaîné, relié à ce passé douloureux. Nous sommes encore esclaves d’une autre manière, d’un autre système. Qu’est ce qui nous enchaîne ? Qu’est ce qui m’enchaîne ? »

Adam est assis près de moi, la main droite posée sur mes genoux ; et il me parle. Tout y passe : politique, religion, éducation, projets… Déjà quelques minutes que je n’ose pas l’interrompre. Je l’écoute, je l’observe. Je réponds, de plus en plus évasive. En fait, je n’arrive plus vraiment à me concentrer. Lire la suite de « La Pomme »

Alors, voilà ! l’arbre…

farmer-2008002_960_720

« C’est mon professeur d’histoire qui m’entraina dans cette obsession pour les romans historiques, l’histoire de nos ancêtres et de la Caraïbe. Un certain Monsieur B, avec une grande barbe et des cheveux gris comme ses cravates de chemises.

La vie de Victor Schœlcher, né en 1804 dans une famille bourgeoise et commerçante à Paris, me rendait curieuse. Il a lâché le monde des affaires et du commerce pour se dévouer à la lutte contre l’exploitation des esclaves des colonies américaines, la servitude des Noirs etc… Ce grand Schœlcher avait une vision arrogante et colonialiste. Lire la suite de « Alors, voilà ! l’arbre… »

A toi, mon fils.

act-841489_960_720

Si je t’écris cette lettre c’est qu’il y a bien des choses qui nous séparent. Des années, des souvenirs. Du temps.

 Aujourd’hui, si je t’écris c’est parce que je n’aurai peut-être jamais l’occasion d’avoir ces discussions avec toi. Peut-être que je n’aurai plus le temps, peut-être que je deviendrai une Femme occupée et fatiguée, une mère qui passe ses journées à travailler et qui rentre trop tard, le soir. Bien que je sois optimiste et que je crois qu’il existera une complicité forte et indiscutable entre nous, je n’exclus pas la possibilité qu’elle ne puisse pas exister. Lire la suite de « A toi, mon fils. »

Confronter.

people-768566_960_720

Relation toxique. J’ai lu, autant de fois que vous, des tas d’articles sur les relations toxiques. (Rassurez moi, je ne suis pas la seule à devenir paranoïaque et à analyser minutieusement chaque membre de mon entourage hum…). Oui, bon. C’est intéressant de pouvoir mettre un mot sur ce type de relations, qui nous paraissent normales au début et qui, en fait, ne le sont pas. Je vais donc vous proposer une simple façon d’aborder ce type de relations : la confrontation à double sens. Lire la suite de « Confronter. »

30 minutes

tumblr_static_tumblr_static__focused_v3

« Trente minutes. Il renversa Hélène sur le plancher de la case. La jeune femme sentit le désir brûler entre ses cuisses. Charmée, elle releva ses jambes, les positionnant délicatement autour du cou de son partenaire. Sans prendre le temps d’enlever sa robe de soie. Vingt-neuf. Il introduisit sa langue froide ouvrant les lèvres de l’interdit, le bruit sourd de l’envie sexuelle. Les grands doigts de la négresse se posèrent sur l’arrière de son crâne, consciente que ce geste l’inciterait davantage. Vingt-huit. La respiration haletante, la stimulation, la vulve humide. Il avait cette manière de répondre aux attentes du corps féminin, cette préciosité, la langue aventurière et la main qui naviguait toujours sur le sein gauche. Vingt-sept. De l’autre main, il attrapa la sienne afin que leurs fluides puissent se confondre. Lire la suite de « 30 minutes »

Est-ce que…

africa-1994846_960_720

Est-ce que contempler la perversion fait de moi un être perverti ? Fermer les yeux sur la corruption pourrait me rendre corrompue ? Méconnaître une société en ruine me rend-il moins coupable ? Au-delà du fait que je ne sois pas enchaînée, puis-je dire que je ne suis pas esclave ? Est-ce que je donne carte blanche à la prostitution intellectuelle ? Suis-je témoin du viol de la Moralité ?

Lire la suite de « Est-ce que… »

Ce soir-là…

 

 

woman-1490381__340

« Ce soir-là il me déshabilla avec aplomb. La culotte humide, élargie par un geste brusque, je détachai sa chemise prête à me livrer toute entière. Le désir dévorait nos corps de nègres. Virulent. Fou. La pénétration, d’abord lente puis rapide. Lui, au-dessus. Et l’inverse. Ses mains pressaient mes fesses durcies par le plaisir. C’était l’amour brut qui s’exprimait. Par des mots mêlés, des baisers sauvages, des morsures au cou. De la douceur, de la violence. Je l’entendis gémir, surpris par la courbure de mes hanches. Alors j’accélérai le mouvement sans cesse. Lire la suite de « Ce soir-là… »

En 1969…

beach-1525755_960_720-2

« En 1969, la Guadeloupe était encore en pleine souffrance politique. Elle souffrait déjà bien avant, mais après l’épisode Mai 1967, tout s’était profondément creusé. Il y avait eu cette année-là, une altercation entre un propriétaire blanc d’un magasin à Basse-Terre, Snarsky et un cordonnier noir handicapé du nom de Balzinc. Les propos racistes de Mr Snarsky ont fait tremblé la terre de nos ancêtres. « Dis bonjour au vieux nègre. » avait-il ordonné à son chien.  J’étais encore trop jeune pour comprendre l’importance de ce racisme. Lire la suite de « En 1969… »